Chroniques du confinement – J1

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Un exercice d’écriture, une trace, une observation. Je ne sais pas trop – qui sait vers quoi nous allons tous ?

Un journal de bord, public.

Petit rappel, pour quand nous lirons cela dans quelques années. En décembre 2019, une maladie apparaît en Chine. C’est un virus, un coronavirus (insérez ici les blagues avec la marque de bière dont les ventes s’effondrent), de la même famille donc que le SRAS de 2002-2003. Sauf que cette fois, le virus n’est pas resté dans l’Empire du Milieu, il a contaminé les autres pays, notamment d’Europe, à commencer par l’Italie, puis la France.

Lundi 9 Mars 2020, les marchés se réveillent sur fond de guerre économique entre l’OPEP et la Russie qui ne s’accordent plus sur les prix du pétrole : premier krach boursier. Ça remonte aussitôt le lendemain.

Jeudi 12 Mars 2020, deuxième krach boursier face aux mesures jugées insuffisantes de la BCE, la Banque Centrale Européenne pour soutenir l’économie de la zone Euro. Le soir, le Président de la République Française annonce que les écoles vont être fermées “jusqu’à nouvel ordre” – alors que cela fait une semaine que les soixante millions d’Italiens sont confinés chez eux, que tous leurs commerces hors alimentation et pharmacie sont fermés.

Vendredi 13 Mars 2020, les bourses rebondissent parce que pourquoi. Les événements de plus de 100 personnes sont interdits (le seuil était à 1000 auparavant). Les supermarchés sont vidés. Dans les milieux pro, c’est un peu le “mais comment va-t-on gérer tous ces parents qui vont devoir garder leurs gamins ?”.

Samedi 14 Mars 2020, le soir : le Premier Ministre français annonce le passage en stade 3 de la France – stade de constatation comme les précédents, mais qui appellent des mesures encore plus fortes, à savoir, fermetures de tous les commerces non essentiels (alimentation, pharmacie, tabac – what ?). Restaurants, bars, cinémas, discothèques… doivent fermer jusqu’à nouvel ordre.

Et donc voila où on en est. Avec des copains qui bossent dans l’événementiel, le théâtre, la culture vivante et qui se demandent comment ils vont survivre à ce chomage technique. Avec des connaissances, petits commerçants qui démarraient ou consolidaient leur activité et qui espèrent être là après… Cet après dont on ignore aujourd’hui quand il surviendra.

J’écris depuis un coin privilégié : j’habite en pleine campagne, un trou. Je suis salarié – d’un très gros groupe. Mes placards sont plein sans que j’ai eu à aller me battre – parce que quand on vit dans un trou et qu’on peut se retrouver coincé par la neige, ben, on prévoit. Bref, ici, j’en suis plus à aborder les choses en ayant conscience de ma chance toute personnelle. Mais… mes garçons sont loin et je ne sais pas quand je les reverrai… j’ignore combien de temps mes amis intermittents ou commerçants tiendront… j’ignore à quel point ça va être le bazar – poliment dit – dans les jours, semaines, mois qui viennent.

Pour le moment, je vais écrire, tailler mes oliviers et préparer mes semis. Rien que de pouvoir faire cela, je mesure l’immense chance que j’ai. N’empêche. Être conscient de ses privilèges n’exclut pas la trouille.

À suivre…

Une petite maison dans une plaine, avec en fond un ciel orageux

Non, ce n’est pas chez moi.

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