Chroniques du confinement – J5 – Theme Hospital

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Je ne suis pas sûr que ma culture du jeu vidéo soit suffisante pour tenir toute la durée du confinement et assurer des titres, mais bon… essayons

Les jours se suivent et vont commencer à se ressembler, ici. Pas de raison de sortir – peut-être dans un ou deux jours pour aller à la supérette du coin récupérer quelques fruits et légumes, des œufs, mais sinon… D’ailleurs, sortir, ça veut dire quoi chez nous ? La voisine est passée devant notre maison : elle promenait ses animaux domestiques (trois chevaux). Je doute que quiconque l’aurait contrôlée. Ausweiss, bitte ! Nos “rues” ne sont pas plus vides qu’à l’ordinaire : elles étaient déjà désertes avant. Peut-être que si nous tentons une escapade pour des courses plus conséquentes dans la ville d’à côté, nous aurons davantage cette impression de ville fantôme.

Le premier effet sensible de la situation, ce sont les amis qui appellent, dont on n’avait pas de nouvelles depuis longtemps. Et c’est plutôt agréable. On voit passer des situations moins rigolotes sur les réseaux ou aux infos, et on croise les doigts pour que tout se passe bien. Pas gagné. Tout porte à croire que les mesures de confinement vont s’intensifier – ou qu’en tout cas, il faut les appliquer avec une stratégie du pire, sortir le moins possible, être en contact avec le moins de gens. Espérer que les tuyaux d’internet tiennent, toujours. Que les gens soient raisonnables, enfin. #RestezChezVous

A ce sujet, pour vos envois de documents par mail, arrêtez les pièces jointes, utilisez un service comme WeTransfer, Firefox Send ou FromSmash. Ces plateformes vous proposent de stocker votre fichier un temps donné (généralement une semaine) et d’envoyer un lien à vos correspondants pour qu’ils le récupèrent (le fichier, suivez un peu). Ce qui permet de réduire méchamment le volume de données envoyées. 1 PJ de 5 Mo que vous envoyez à 10 correspondants, c’est 55 Mo stockés dans les onze boîtes mail – oui, la votre compte aussi, allez faire un tour dans votre dossier “Envoyés”. Alors, oui, ce n’est rien en regard du trafic Netflix ou d’un aller-retour Paris New-York en avion, mais ceux-ci sont cloués au sol, alors…

Il y a aussi beaucoup d’entraide qui se met en place, à distance, paradoxalement. Nous n’avons pas encore proposé à nos voisins de faire leurs courses en même temps que les nôtres, mais ça viendra sans doute. Beaucoup de gestes jusqu’ici anodins apparaissent dans toute leur aberration, comme ces témoignages lus chez deux personnes différentes : “tiens ma boulangère sert le pain et me rend la monnaie avec les mêmes mains… la monnaie… AAAAAAAAARG”. Les “journaux du confinement” comme celui-ci se multiplient, certains publiés, d’autres non, parfois parodiques, parfois juste une collection d’idées pour ne pas s’ennuyer : “nous, aujourd’hui, on a fait ça”.

Pendant ce temps, en haut lieu, français comme européen, on se réunit. Réunions de crise, d’urgence, ça flippe – et nous aussi, comment faire autrement à part se boucher les yeux et les oreilles ? J’ai parfois l’impression d’être un lapin dans les phares d’une voiture, pris d’une sidération morbide pour ce monstre vrombissant qui me fonce dessus. Qu’est-ce qui nous attend au sortir de tout ça ? Si une recontamination est possible, on repart pour un tour en isolement tous ensemble ? L’économie va-t-elle tenir ? Les décrets d’urgence sanitaire resteront-ils bien sagement appliqués pour des questions sanitaires, sans action opportuniste ?

Wait and see.

PS : oui, je sais, je ne suis pas d’un optimisme fou fou. J’essaye, vraiment. Mais franchement, c’est pas simple.

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