🚧 DĂ©fi d’écriture Writever de septembre 2024 : les consignes

Le Writever, c’est un petit dĂ©fi d’Ă©criture qui propose un mot par jour, pendant un mois.

Et comme tous les mois, j’y participe, ici, et sur le compte Mastodon @MicrofictionFM. Vous pouvez aussi vous abonner pour recevoir des rĂ©capitulatifs hebdomadaires.

Et comme d’habitude dĂ©sormais, si vous dĂ©filez cette page, vous verrez les microfictions s’afficher au fur et Ă  mesure des jours de leur publication. C’est beau, la technologie, hein 😉

Bonne lecture Ă  toutes et Ă  tous !

Liste des thĂšmes du Writever de septembre 2024
Liste des thĂšmes du Writever de septembre 2024
  • Le voyageur temporel essaya de se fondre dans le dĂ©cor. Sa couverture faillit s’effondrer Ă  la suite d’une question qui lui avait paru anodine.

    Ses interlocuteurs le regardĂšrent, outrĂ©s. La Robolution et la deuxiĂšme Convention de GenĂšve n’avaient pas Ă©tĂ© menĂ©es pour rien ! Quelle idĂ©e de poser des questions aussi saugrenues ? Comme si quiconque avait encore besoin de travailler !

  • Les ingĂ©nieurs gobelins en eurent assez. Leur espĂšce souffrait d’une rĂ©putation horrible, fondĂ©e uniquement sur les actions qu’ils menaient… sur les ordres de quelqu’un d’autre. Lorsqu’ils dĂ©cidĂšrent de mettre un terme Ă  l’exploitation qu’ils subissaient – coupant le Seigneur des TĂ©nĂšbres de ses moyens de production – ils travaillĂšrent d’abord Ă  redorer leur blason. En offrant le chemin de fer aux peuples libres, une grande partie du chemin Ă©tait faite.

  • Pour lutter contre la Ruche, il fallait comprendre comment elle pensait. L’individu n’y avait plus de place, seule le collectif importait.

    Les scientifiques de l’armĂ©e humaine proposĂšrent une solution. Elle fut rejetĂ©e. Les dirigeants avaient travaillĂ© Ă  diviser leurs subalternes depuis des siĂšcles. S’ils acceptaient de rĂ©introduire une forme d’union dans l’humanitĂ©, ils savaient qu’aprĂšs la Ruche, ils seraient les prochains sur la liste.

  • Domestique dĂ©vouĂ©, il avait accompagnĂ© cette famille sur trois gĂ©nĂ©rations. Quand le dernier hĂ©ritier se retrouva orphelin, ses parents assassinĂ©s sous ses yeux, le fidĂšle serviteur se retrouva tuteur lĂ©gal par de savantes dispositions testamentaires.

    Il accompagna donc l’enfant dans son chemin de vengeance. Et prĂ©para la route, en consacrant la considĂ©rable fortune de la fondation Ă  quelques programmes Ă©ducatifs, rĂ©fection d’habitats et cantines gratuites…

  • C’est toujours Ă  moi de faire le sale boulot.

    Parce que je suis le plus adaptĂ© Ă  ce genre de tĂąches. Parce que soit disant je suis tout en bas de l’Ă©chelle. Comme quoi, tout le monde naĂźt libre et Ă©gal, mais certains plus que d’autres. Faudra pas s’Ă©tonner si un jour je me rĂ©volte.

    – Il a un souci ?
    – Je sais pas, la transmission passe mal, on dirait. Ah non c’est bon.

    S’activant enfin, le robot s’avança dans les dĂ©combres radioactifs

  • L’annonce affichait un banal “Savez-vous travailler sous pression ?”

    Je me rendais Ă  l’entretien, sans conviction.

    Contre toute attente ils dĂ©cidaient de m’embaucher.

    Et maintenant, me voila Ă  piloter un bathyscaphe dans la fosse des Mariannes.

  • Avez-vous correctement hiĂ©rarchisĂ© vos besoins ? Pensez-vous “intĂ©rĂȘt personnel” ou “intĂ©rĂȘt collectif”, qui pourrait vous bĂ©nĂ©ficier Ă  vous comme au plus grand nombre ? Votre proposition a-t-elle dĂ©jĂ  Ă©tĂ© faite, pouvez-vous vous coordonner avec d’autres postulants ?

    Ne gaspillez plus vos opportunitĂ©s et rejoignez notre cursus “Trois jours, trois vƓux”, pour demander au gĂ©nie de la lampe les vƓux les plus efficaces !

  • Quand la tasse de lait et les biscuits ne suffirent plus, les nĂ©gociations dĂ©butĂšrent. Les tractations prenaient du temps et piĂ©tinaient. Pourtant, j’y mettais de la bonne volontĂ©. Du miel dans le lait ? Des biscuits avec des pĂ©pites de chocolat ? Les rĂ©ponses ne me parvenaient que le lendemain matin. Mes petits grĂ©vistes Ă©taient invisibles et tenaient Ă  le rester. Comme quoi, embaucher des lutins s’avĂšre parfois compliquĂ©…

  • Tous les matins, il se rendait Ă  l’usine. Une production rĂ©guliĂšre, calibrĂ©e, constante.

    Les mĂȘmes techniques, les mĂȘmes gestes, pour produire les mĂȘmes rĂ©sultats.

    C’Ă©tait moins Ă©prouvant que d’autres postes, bien sĂ»r, il y avait un cĂŽtĂ© rĂ©pĂ©titif, tout de mĂȘme. Il quitterait bientĂŽt ce job. Dans sa tĂȘte l’Ă©chĂ©ance Ă©tait dĂ©jĂ  fixĂ©e.

    On ne peut pas passer sa vie à écrire tous les jours des fictions de 500 caractÚres.

  • “L’intensification des cadences entraĂźne Ă©videmment une augmentation de notre productivitĂ©, mais une diminution de nos ressources. Nous sommes en flux tendu constant. Il nous faut renouveler notre matiĂšre premiĂšre – cela passerait pas une Ă  deux semaines de pause, le temps de regarnir les stocks.”

    Les conclusions du rapport n’enthousiasmĂšrent pas l’Ă©tat-major.

    Il fut dĂ©cider de doubler les doses de thĂ© servies Ă  l’auteur.

  • – Voyez-vous, j’expĂ©rimente la pratique instrumentale Ă  travers une approche naĂŻve et dĂ©complexĂ©e, pour retourner Ă  l’essence-mĂȘme du son.
    – Ouais, vous pouvez aussi arrĂȘter votre bullshit et avouer que vous ne savez pas jouer, hein.

    Elle effleura sa harpe, et le rĂąleur fut transformĂ©e en crapaud. Ne vexez pas une sorciĂšre dont la magie s’exprime Ă  travers la musique la plus brute.

  • Les applications de suivi fleurissaient de partout. Les listes couvraient les murs grĂące Ă  la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e. Le cĂŽtĂ© pratique se mĂȘlait d’un harcĂšlement Ă  peine dĂ©guisĂ©.

    Assez logiquement, tous les utilisateurs de ces solutions cherchaient Ă  vider leurs to-do, de crainte d’entendre la phrase tant redoutĂ©e.

    “Il te reste une micro-tĂąche, lĂ .”

  • – Je me dĂ©finis comme un entrepreneur. Quelqu’un qui saisit une opportunitĂ© et la propose au marchĂ©.
    – Vous avez ainsi envoyĂ© des factures aux GAFAM pour des prestations “d’envoi de facture”. Qu’ils ont rĂ©glĂ©. Un montant de plusieurs centaines de milliers de dollars.
    – C’est exact.
    – AcquittĂ©. Personne ne peut ĂȘtre coupable d’obtenir une rĂ©ponse sincĂšre Ă  une question stupide, trancha le juge.
    – Quelle question ? demanda l’avocat.
    – “Êtes-vous incompĂ©tent ?”

  • – Vous allez le faire ?
    – Bien sĂ»r.
    – Je pensais pas que ce serait si simple.
    – Ça ne le sera pas. Mais je me suis engagĂ© Ă  accepter la mission que vous me confierez.
    – Sauf que… il y a un point que nous n’avons pas abordĂ©. Comment allez-vous vous rĂ©munĂ©rer ?
    – Ne vous en faites pas. Je vais me payer sur la bĂȘte, annonça-t-il dans un sourire tranquille.

    Plus que tout le reste, cette seule phrase me donna des frissons.

  • Ne m’en veuillez pas. Je ne suis qu’un rouage de cette grande machine, qui produit des inĂ©galitĂ©s comme celle que nous vivons en ce moment-mĂȘme. Enfin, vivons
 On se comprend. Je ne suis qu’un prolĂ©taire. Je vends contre rĂ©munĂ©ration ma force de travail et mes compĂ©tences. Parmi lesquelles une absence. Aucune empathie. Ce discours pour vous rassurer ? Il parait que les clients apprĂ©cient. Cessez de bouger, maintenant. Si ma hache glisse sur le billot


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