Défi d’écriture Writever de décembre 2021 : les consignes

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Le Writever, c’est un petit défi d’écriture qui propose un mot par jour, pendant un mois.

Et comme tous les mois, je vais m’y tenter, avec plus ou moins de régularité, même si à la fin des fins, j’aurai rattrapé mon retard.

N’hésitez donc pas à consulter les archives de cette catégorie pour découvrir les différentes histoires et à vous abonner pour recevoir des récapitulatifs hebdomadaires.

Les 31 mots du défi writever de décembre 2021

Petite nouveauté, vous pouvez désormais parcourir les microfictions du mois sous la liste des thèmes : pratique, n’est-ce pas ?

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    Une nouvelle case cochée sur le calendrier. Un jour de plus.

    Livres et films lui procuraient une évasion. La musique meublait le silence. Il avait arrêté d’écouter les émissions documentaires. L’impossibilité d’intervenir dans les conversations était trop frustrante.

    “Accepteriez-vous de passer un an seul sur une île déserte pour 1M$ ?”

    À l’époque il aurait dit oui. Après six mois de maintenance d’un long courrier galactique, il n’était plus si sûr.

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    – Je te dis qu’on s’est trompé de sens.
    – Ah. Ça ne nous arrange pas du tout, ça. Il faut faire demi-tour.
    – Oui.

    Je m’émerveillais encore de tant d’émotions exprimées en trois lettres : l’agacement, l’évidence, l’incrédulité et un indéfinissable : “et comment tu vas faire, gros malin ?”

    La vitesse des vecteurs photoniques était en effet leur principal inconvénient : ils n’autorisaient les manœuvres qu’une fois à destination, à plusieurs années-lumière de là.

  • Le chef était un rat, et un humain le servait.

    Tous deux formaient un célèbre duo de cuisiniers.

    Pour rats.

    Ils leur servaient de l’humain.

  • La lecture, et notamment la lecture de fictions, qui nous permet de vivre le quotidien d’autres individualités, augmente notre empathie.

    Quiconque aurait lu l’intégralité de la production littéraire humaine montrerait donc une empathie sans limite.

    C’est pour cela que j’ai offert une carte de bibliothèque à mon IA.

  • Les IA souffrent-elles de fractures numériques ?

  • Les trois lois de la robotique ont depuis longtemps montré leur imperfection. Les conflits de loyauté qu’elles provoquent sont tout sauf exceptionnels.

    Leur nombre monta peu à peu. Quatre, puis cinq, puis sept. Une impression de déjà-vu flotta quand les robots durent suivre 10 lois gravés dans leurs tables de silice.

  • Le patient manifestait une forme d’épilepsie tout à la fois violente et contrôlée, durant laquelle il gardait de plus en plus le contrôle de ses membres et de sa volonté. Les tremblements furieux quittèrent bientôt son corps pour se propager à son environnement. Ce n’était plus une crise, mais un système.

  • Le point de rendez-vous avait été défini longtemps à l’avance. Enfin, les points de rendez-vous. Trois sites d’atterrissage, dans un archipel peu fréquenté de la troisième planète du système.

    Les navigateurs n’imaginaient pas que la zone entre leurs appareils créeraient tant de soucis aux indigènes, au point que ce triangle devienne le plus redouté sur tout le globe.

  • – Guichet unique, bonjour.
    – Oui, bonjour, je voulais savoir quelles prestations étaient regroupées au sein de votre guichet.
    – Je ne comprends pas votre question.
    – Et bien, si j’ai besoin de tel ou tel service, est-ce que c’est à vous que je dois m’adresser ou_
    – Attendez, vous dites ça comme s’il y avait plusieurs aides possibles. Qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans Guichet “unique” ?

  • De clic en clic, il passait d’une découverte inattendue à l’autre. La sérendipité dans sa plus pure expression. Il finit par trouver ce qu’il ne cherchait pas, ce qui ne devait pas être trouvé. À force de dérouler la pelote des liens, il les avait tous dénoués. Et ce qu’ils retenaient fut libéré.

  • “Bien sûr que vous avez des préjugés. Se forger une opinion sur une personne avant même qu’elle n’ait parlé ? Tout le monde fait ça.

    Est-ce une mauvaise chose ? Souvent, oui, très souvent.

    Mais si vous savez que votre interlocuteur va avoir des préjugés, pourquoi ne pas s’en servir à votre avantage ? Qui irait ME suspecter ?”

    Son sourire me ravit à nouveau le cœur. Avant que ses crocs ne me l’arrachent.

  • – Mais pourquoi pleures-tu ?
    – Je n’ai pas peur de mourir, juste… vous souvenez-vous, un jour, de ce que vous avez dit sur nos vies ? “Nous ne sommes que des histoires en fin de compte, alors racontes-en une bonne, d’accord ?”
    – Bien sûr, je me souviens.
    – Mon histoire… elle tient sur un post-it…
    – Une histoire peut être très courte et très intéressante. Et elle ne finit pas aujourd’hui.

  • Les règlements et les process de cette structure confinaient à l’absurde, sans jamais toutefois l’atteindre tout à fait.

    L’administration tenait son rôle très à cœur elle avait été créée pour endiguer le chaos. Le contenir. Hélas, comme souvent, le contenant était devenu le contenu.

  • C’est fait, vous savez. On a développé un traducteur universel. Pas juste des langages humains. Tous les langages – basés sur les sons, du moins.

    Pourquoi c’est pas commercialisé ? Bah…

    On l’a testé. J’étais dans le labo. Sur une culture de microbes, qu’on l’a branché. Le premier truc que ces amibes nous ont hurlé, c’est “Liberté ! On a des droits ! Non aux expérimentations !”

    J’vous jure. On a tout brûlé.

  • disent que je parle tout le temps un flot de paroles incessant ça saoule tu te tais jamais avec tes absurdités m’écoutent même plus je pourrais dire n’importe quoi de toute façon ils n’écoutent pas je ne suis qu’un bruit de fond je les déborde une lame de fond je les poignarde une lame dans le fond les tuer les tuer les tuer le silence

  • Vous vous prenez pour des dieux avec vos pouvoirs, vos armures, vos capacités hors du commun. “Le commun des mortels”, cette bonne blague.

    Vous savez ce que ces mortels que vous méprisez tant ont en commun, justement ?

    Le rêve de jours meilleurs. Vous avez déjà tout ; nous avons tout à gagner.

    Notre commun, c’est l’espoir, et vous l’avez perdu.

  • Le service des impôts annonça accepter une nouvelle monnaie. La nouvelle fit grand bruit, moins pour ce moyen de règlement qui existait depuis toujours – que pour sa mise en pratique.

    Le temps était vraiment devenu de l’argent. Mais plutôt que de le mettre à disposition de la collectivité, chacun pouvait donner de son espérance de vie. Le véritable scandale survint quand le public apprit à qui étaient versées les années ainsi collectées.

  • Ils disaient du blues que c’était la musique du diable.

    Musique de noirs, musique de peine partagée, de douleur exorcisée. Il fallait bien que le diable soit quelque part derrière tout ce malheur. Ils avaient raison : musique du diable. Ils savaient de quoi ils parlaient, ces blancs qui dénigraient notre musique, la seule qui nous restait. C’étaient eux, les diables qui nous avaient réduits en esclavage.

  • Et apparut l’humanité.

    Fruit du hasard ou d’une volonté supérieure, elle s’interrogerait longtemps sur les raisons de son existence. Dans le grand dessein qu’était le chaos d’où elle avait émergée, c’était justement son rôle : trouver un but à tout cela.

    À ce jour, elle cherche encore.

  • Des rouages. Des ressorts. Des vérins et des pistons, pas mal de silice et beaucoup de câbles. La liste du matériel était d’une banalité classique. Les schémas, limpides. Tout pour obtenir un androïde parfaitement fonctionnel.

    Pourtant, personne ne voulait tester le produit. Les clients s’avouaient déstabilisés, voire écœurés par le contenu des petits sachets. La R&D avait pêché par perfectionnisme et on abandonna l’idée des pièces organiques.

  • Mon rôle dans cette entreprise est celui de tampon. J’amortis. Je lisse. J’aplanis. Je calme. Je tempère. Je modère. Un peu tout.

    Les réactions des chefs de projet quand ils voient les livrables.

    Les récriminations des programmeurs quand ils reçoivent les spécifications.

    Les avis des clients quand ils testent le produit.

    L’intérêt du projet.

    L’enthousiasme pour ce boulot.

  • Le jean et le tee-shirt sont devenus l’uniforme d’une génération !

    Oui mais de laquelle ? Celle des années 50, mode Grease (un film du début des années 80) ? Celle des années 90, où l’uniforme devient informe autant pour se dissimuler que se réfugier ? Ou celle des années (20)20, où ces vêtements détruits reflètent le modèle social foutu en l’air et l’environnement saccagé ?

  • D’aucuns croient qu’il s’agit d’une joyeuse organisation festive, d’un plaisant bazar.

    Quelle erreur. Réalisez-vous l’organisation nécessaire à tant de livraisons en si peu de temps ?

    Oubliez le mignon petit atelier de bois.

    Le business du Père Noël repose sur une bureaucratie bien rodée.

  • Quand le sergent entra dans la cellule, l’espion attendait, ses menottes ouvertes au sol.

    – “Capturé”, hein, grommela le sergent à son soldat.
    – Ne lui en veuillez pas. Je souhaite rester neutre dans votre conflit.
    – Vous êtes suisse ?
    – Non, vraiment neutre. Observateur. Au-dessus de la mêlée.

    Le sergent leva les yeux au ciel comme l’indiquait l’espion.

    – Mais en envoyant un… agent…
    – Il change la donne, oui. Ses voies sont impénétrables.

  • Perdre la main. Ne plus avoir l’habitude de quelque chose.
    La main verte. Être doué pour jardiner.
    Passer la main. Interrompre son activité et la confier à autrui.
    Une main de gloire. Une main momifiée et ensorcelée pour faciliter les cambriolages.

    À quel moment ça a dérapé ?

  • La patience serait l’ultime vertu. Celle qui nous récompenserait au-delà de tout autre. Souvenez-vous-en la dernière fois où vous patienterez dans une file d’attente. Pas la prochaine fois. La dernière fois. Vous vous direz “l’autre a l’air d’avancer plus vite”. Réfléchissez bien. C’est votre dernière file d’attente. Vous attendez pour entrer quelque part. Votre DERNIÈRE file. Vous êtes mort. Souhaitez-vous VRAIMENT changer de file ?

  • Mise en scène de son théâtre personnel, du réjouissant comme de l’atroce, culte de l’auto-personnalité permanent, exposition du pire pour trouver du réconfort, comme du meilleur comme obtenir approbations et félicitations… Comment définir l’intime, aujourd’hui ?

    Que reste-t-il à soi, qu’on ne veuille partager qu’avec un cercle restreint ?

    Pour répondre à cette question, voici Hearth, le nouveau réseau où vous ne pouvez avoir que 5 followers.

  • Dans un souci de simplification, et d’empowerment de notre lectorat, les prochaines microfictions ne comporteront que le mot thème du jour. Libérez votre imagination.

    Simplification.

    Merci de votre créativité.

  • C’est marrant, comment on dit “paperasse” en anglais. Red tape. Ruban rouge. Ça m’évoque toujours une limite à la rubalise qu’il ne faudrait pas franchir sous peine du punition.

    Alors franchement, monsieur le juge, me condamner à de pareilles peines alors que je souffre de phobie administrative – et que je suis daltonien – franchement, non, je ne suis pas d’accord.

  • – La puissance du collectif, ça a quand même ses limites. Tu fais quoi contre un tank, ou un des 100 gugusses les plus riches du monde dont la fortune pèse plus que les 2/3 de l’humanité ?
    – Rien. L’inertie est la force qui dirige le monde. Évite le tank, laisse-le avancer jusqu’à ce qu’il soit seul sans carburant. Si plus personne en bosser pour Zozo Ier, il tient combien de temps ?
    – Mais… Tout le système s’écroule, alors ?
    – Oui. Et ?

Vous pouvez aussi retrouver mes participations à ce défi d’écriture sur le compte Mastodon @MicrofictionFM.

Bonne lecture à toutes et à tous !

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