Je me fais vieux…

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Indubitablement, je vieillis. Inéluctablement, je vieillis.

Plus qu’un constat physique (qui a parlé de brioche ?) ma décrépitude est surtout intellectuelle, voire morale.

On en parle partout, du dernier blog à la mode : Fluokids. Sur Le monde, sur Telerama, (ajoutez un .fr à chaque fois), sur mere-denis.mir, bref, partout. De quoi ça cause ? De musique. Intéressant, me direz-vous (oopas, pour reprendre une expression à la mode).

Je vais donc voir sur Fluokids, qui a déjà pour mauvaise idée d’être truffé de fautes d’orthographe. Remarquez, ça n’avait pas gêné Telerama, qui reprenait leurs articles en copier-coller, sans la moindre correction. Ce doit être le respect du droit d’auteur ou la volonté d’être authentique qui les motive, allez savoir.

Mes yeux continuent à être heurté par une favicon qui clignote en permanence (pour les non-techniciens du web, une favicon, c’est ce petit pictogramme qui est à gauche de l’adresse du site que vous parcourez : chez moi c’est une reprise du cormoran que vous pouvez voir dans le bandeau titre…). Il faut savoir que le clignotement sur le web, c’est le mal. La preuve.

Enfin bon, je suis tolérant, je passe outre, et je lis. Et je ne comprends rien, preuve que je deviens vieux. J’ignore la signification du terme “swagger” (NdT : attittude, sic…). Je ne fréquente pas les dances floors. Je ne me tripote pas la nouille devant le porno soft, siliconé et improvisé de DirtyDirtyDancing, joyeux mélange sex and drugs and rock’n’roll techno. Pour parachever le tableau, la plupart des morceaux dénichés par Fluokids me sont inaudibles. J’exagère un peu, on dira simplement que j’aime pô. Et pourtant j’écoute des machins comme Underworld. Mais ils doivent être trop grand public et pas assez underground.

Je reconnais deux tendances dans tout ça : la volonté snobinarde – ou bobo, c’est comme vous’l’voul’ – d’être à la pointe, dans laquelle ma curiosité ne s’inscrit pas – j’y arrive pas – et d’un autre, le bon vieux “c’était mieux avant”, qui me fait penser que la plupart des groupes actuels portés au pinacle de la critique musicale sont de pâles copies de vieux machins qui tournent dans mon juke box depuis 10 ans déjà, et que j’avais pour certains fauché honteusement à mes parents (papa maman, si vous me lisez, merci pour Wish you were here en vinyle).

Ma curiosité non-élitiste et mon côté blasé se combinent paradoxalement assez bien in fine, puisque j’ai tendance à écrémer beaucoup plus qu’avant les musiques que j’écoute – et pourtant il m’en passe pas mal entre les oreilles. La sagesse de l’âge en forme d’exigence ?

Toujours est-il que je préfère des sites comme Last.fm ou musicmesh, qui vous proposent de découvrir des artistes ayant des points communs avec ce que vous leur dites écouter. Les points communs en question sont parfois discutables, mais je suis au moins rassuré de voir une certaine cohérence entre ce qui m’est suggéré et ce que j’apprécie effectivement.

Dans la série vieux machins, faut que je pense à me payer une intégrale des Weezers, un de ces 4…

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