Qui croire ?

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Vous l’avez sans doute entendu, le pétrole augmente, tout comme le blé, et bientôt à n’en pas douter, l’eau
 (encore que, là il nous reste un tout petit peu de marge).

De récentes discussions me donnent cependant la chair de poule.

Dans le cadre de mon boulot, j’ai eu à former sur le produit que nous éditons, deux personnes qui travaillent dans le monde de l’agriculture. En allant manger avec eux, la discussion a porté – entre autres – sur la pénurie de céréales et notamment de blé, et ses conséquences, à savoir le prix des céréales qui flambait et la fin des jachères.

Ils ont doucement rigolé, m’expliquant qu’il y avait plus de silos avec du grain en train de pourrir que de silos vides.

La pénurie est en effet, selon eux, et ils ont l’avantage d’être du métier, créée par les céréaliers qui souhaitent voir les prix monter, les jachères cultivées, et avoir un prétexte pour relâcher leurs stocks sur le marché avec la plus value qu’on devine (cultiver les jachères permettant d’augmenter la production, le grand public ne s’étonnera pas de voir d’un coup d’un seul la pénurie céréalière résorbée).

Là où ça me fait carrément peur, c’est qu’on peut parfaitement imaginer que ces nouveaux champs créés seront ensemencés… avec des OGM (rappellons que le gel de la culture des OGM obtenue lors du “Grenelle de l’environnement” court sur… cet hiver, période à laquelle il est de notoriété publique que le maïs, entre autres, pousse très mal).

Cette vision est peut-être simpliste d’un point de vue économique ? Il existe des explications plus complètes et vues à plus grande échelle du même principe de spéculation sur les matières premières agricoles.

En attendant, je fais de manière assez rapide le parallèle avec le pétrole. Ok c’est le déluge au Mexique, et il y a des plate-formes dans le Golfe du Mexique, ok, c’est tendu au nord de l’Irak, et les puits sont situés dans le nord de l’Irak, ok, l’Iran en ce moment c’est pas ça, ok, au Venezuela ils ont nationalisé le pétrole… mais tout ça n’empêche pas de manière irrémédiable l’extraction, si ? Et si on nous jouait encore le coup de la pénurie juste pour augmenter les marges ?

Quelque part, pour le pétrôle, ça ne change rien, qu’on en sorte à cause de la rapacité des possesseurs de puits, ou à cause d’une vraie pénurie, de toute façon, il faut en sortir. Aussi bien au niveau de ma voiture que du pot de yaourt (rappelons en cette semaine de sensibilisation aux déchets que le verre est le produit le plus simple et le moins cher à recycler, et ce jusqu’à 1000 fois). Il faut sortir du pétrole parce que de toutes façons, cette énergie polluante va se raréfier, et que de toutes façons, le moteur à explosion est aussi pourri que l’ampoule à filament, puisque l’un comme l’autre dispersent plus d’énergie en chaleur que ce pour quoi ils ont été conçus. Bref, vraiment pas top pour un truc qui pollue.

Oui mais. Et là je vous demande d’être attentif parce que ça devient compliqué. Je viens d’entendre parler d’un scientifique qui a claqué la porte du GIEC (Groupement intergouvernemental sur l’évolution du climat, IPCC en anglais). En effet, il en aurait eu assez que les climatologues de tout poil expliquent le réchauffement climatique par le seul truchement de l’activité humaine. Selon lui, notre système solaire dans sa globalité serait en train de se réchauffer. Et on ne sait ni expliquer ce phénomène, et, évidemment, encore moins l’influencer. L’activité humaine est certes dommageable, mais ne fait qu’accélerer un problème de bien plus grande ampleur.

Après quelques recherches sur internet, j’apprends que l’affaire n’est pas récente, et que ce sont trois scientifiques qui ont démissionné du GIEC, pour de toutes autres raisons, puisqu’ils voulaient dénoncer le côté plus politique que scientifique des déclarations du GIEC : en gros on met tout sur le dos du réchauffement climatique, même si c’est injustifié. D’autant que ce réchauffement, pourtant bien réel, n’est effectivement pas le seul fait de l’activité humaine : une activité solaire impacterait effectivement l’ensemble des planètes de notre système. Encore que ce point ne soit absolument pas sûr non plus, comme le montre cet article.

Au final, il ressort de tout ça des conclusions assez banales : la réalité est complexe, les certitudes inexistantes, l’information grand public nécessairement parcellaire, et donc amplifiée au point de devenir vérité absolue. Cela ne serait ni nouveau ni problèmatique si on ne savait pas l’implication des pétroliers dans les autres énergies (nucléaire, par exemple Total et Areva, mais aussi renouvelables, puisque Total a créé Total Energie, sa filiale spécialisée photvoltaique et éolien, en… 1983).

Suis-je en train de devenir conspirationniste : un ou des groupes de puissants décident-ils entre eux des moyens à court terme de conserver le pouvoir économique, et donc polique, à long terme ? Et si tout ça n’était que le plus grand plan marketing que l’humanité ait jamais connu ? Qui croire ?

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