Uniformisation et pérennité

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Bon. Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé de sujet déprimant sérieux, alors voila du grain à moudre.

Le blog de Flopy fait partie de ces sites où je ne vais pas assez souvent. Faut dire qu’elle traite souvent des mêmes sujets que mon copain Iyhel, et donc bon voila. N’empêche, je l’ai ajouté à mon agglomérat Netvibes, ce dont vous vous fichez, mais bref, cette introduction poussive pour vous dire que j’ai trouvé sur son blog cet intéressant article.

A la lecture de cette réflexion de Pasolini, je me suis dit que ce crétin de Beigbeder ne faisait qu’énoncer les mêmes vérités, noyées hélas dans un flot de glam trash beurk.

Nous sommes donc arrivés à la concrétisation – visible – de ce modèle d’uniformisation, voulu, je cite “par la nouvelle industrialisation, qui ne se contente plus de « l’homme-consommateur », mais qui prétend que les idéologies différentes de l’idéologie hédoniste de la consommation ne sont plus concevables. Un hédonisme néo-laïc, aveugle et oublieux de toutes les valeurs humanistes, aveugle et étranger aux sciences humaines.”

Car en effet on parle bien plus de la défense du consommateur que de celle du citoyen, le moral des ménages n’est que l’argent dépensé par ces ménages sur une période donnée, et hors du pouvoir d’achat, point de salut.

Curieusement, j’ai eu le plaisir de sortir l’autre jour de mon hyper-marché avec un caddie plein, avec de la nourriture d’excellente qualité, et ce pour 100 euros. Serais-je un génie ? Je ne crois pas. J’achète en gros, je privilégie la qualité sur la quantité, et je profite des promotions tout en privilégiant, à qualité égale encore une fois, le prix sur la Marque. Par ailleurs, j’essaie de prévoir mes repas pour la semaine, et je n’hésite pas à faire des énormes portions. Certes nous ne sommes que deux, mais manger un excellent chili 2 repas de suite ne nous rebute pas. Alors j’en fais pour 6 ou 8, et je congèle le surplus (truc de dingue, quoi). Je ne vous parle même pas des économies d’énergie réalisée pour la cuisson.

Mais au final je dépense toujours 100 euros. Et on voit que ceux qui ne sont pas déjà dans la dèche la plus noire1 ont de plus en plus ce comportement. Je vois autour de moi des gens aisés acheter des poussettes d’occasion, des bouquins, CDs, DVDs, d’occasion, passer par internet pour éviter de perdre du temps dans des rayons le samedi ou de consommer de l’essence. L’argent est donc dépensé, mais de plus en plus intelligemment, et surtout en dehors des circuits “classiques” : l’occasion ne fait pas vivre grand monde parmi les marchands traditionnels, et les sites qui font commerce d’occasion voient l’argent de leurs transactions tourner en boucle (je vends des vieux trucs sur PM, l’argent ainsi collecté alimente mes achats sur PM).

Du moins il me semble. Suis-je complètement naïf ou assiste-t-on aux prémices d’un changement de modèle économique ? Le modèle actuel va-t-il (est-il en train de) s’effondrer sur lui-même à force de rechercher le profit immédiat ?

1 Il a beau être plus économique d’acheter des rouleaux de PQ par 24 plutôt que par 6, quand on a un budget de 30 euros par semaine, on essaie de tout rentrer dans 30 euros.

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