Le patronat le plus cynique au monde

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On se souvient du scandale Enron.

En France, on a aussi de belles casseroles. La différence ? Les dirigeants incriminés n’ont pas à démissionner, et sont encore moins condamnés. Voire même… Je laisse la parole à Thierry Lévêque (Reuters). J’ai mis en gras la phrase la plus énorme selon moi.

PARIS (Reuters) – L’ancien président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Denis Gautier-Sauvagnac, poursuivi en justice pour des retraits d’espèces sur les comptes de son organisation, a perçu 1,5 million d’euros quand il a quitté son poste en décembre, révèle l’hebdomadaire Marianne.

Il a aussi négocié un accord avec son organisation qui prévoit la prise en charge par cette dernière d’une éventuelle condamnation financière.

L’UIMM a confirmé ces deux points dans la soirée de jeudi. Le 15 janvier, Denis Gautier-Sauvagnac a été mis en examen pour “abus de confiance, recel d’abus de confiance et travail dissimulé” et laissé libre. Son ancien bras droit Dominique de Calan et une ex-comptable de l’UIMM sont aussi poursuivis.

Denis Gautier-Sauvagnac, qui fut l’un des principaux négociateurs du Medef, est resté délégué général de l’UIMM et continue de percevoir un salaire qui serait de l’ordre de 20.000 euros par mois.

L’enquête judiciaire concerne les quelques 20 millions d’euros retirés en liquide entre 2000 et 2007 sur les comptes de l’organisation entre 2000 et 2007. Gautier-Sauvagnac et l’UIMM ont refusé de livrer les noms des bénéficiaires de ces fonds.

Depuis que la police enquête sur cette affaire, “DGS” a consenti seulement à expliquer que les bénéficiaires de l’argent étaient des “organisations participant à la vie sociale du pays”, y compris durant une garde à vue fin novembre.

La justice a seulement pu mettre au jour pour l’instant des “primes” en espèces perçues par des dirigeants de l’UIMM et non déclarées au fisc, pour une part cependant très mineure des valises de billets retirées.

Denis Gautier-Sauvagnac a reconnu être à l’origine des retraits, toujours effectués par enveloppes de plusieurs centaines de milliers d’euros, et en totalité sur quatre des 47 comptes bancaires de l’organisation.

L’hypothèse d’un financement de syndicats de salariés ou de corruptions ponctuelles de délégués syndicaux est examinée mais n’a pas été confirmée. Les principales confédérations ont démenti mais d’anciens syndicalistes ont dit dans la presse avoir connu de telles pratiques.

La piste politique est également prise en compte, d’autant que d’importants montants ont été retirés au moment des élections présidentielles de 2002 et 2007.

Thierry Lévêque

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