Pinailleur

2 min read

Ma névrose au quotidien. Mon tourment de chaque instant. Un psy m’a dit qu’à partir du moment où j’en souffrais, il fallait que j’en parle. Je n’en souffre pas mais j’en parle quand même, c’est grave ?

Je pinaille. J’ergote. Je discute sur tout, reprends tout le monde.

Pascal (1) me parle des choses qu’il a fait. Je rajoute “tes”. Qu’il a faites, bon sang.

Henry s’exclame “Putain c’est trop fort, hein !”, je lui signale, s’il fallait une raison pour supprimer ces inutiles tics (pléonasme) de langage, que monsieur mon fils, en pleine phase d’apprentissage du langage, répète tout, surtout les “putain” et les “hein”.

Quand Domenica se console d’avoir perdu 10’000 signes suite à un plantage informatique en vantant sa mémoire “écriturielle” (et en admettant qu’il s’agit là d’un néologisme), je ne peux pas m’empêcher de requalifier sa mémoire de “scripturale“. Du coup, et c’est de bonne guerre, elle me remercie pour la précision “vocabulairienne”. Et me défie d’un “et là dis et là ?. Ben “lexicale“, ça me parait tout à fait approprié.

Je me hérisse quand je lis une faute d’orthographe dans n’importe quel document, surtout professionnel, je hurle au kikoolol, je ne peux que déplorer les “malgré que” malgré que j’en aie…

Ne croyez pas que cette exigence se borne au seul respect de la langue française.

Je ne supporte pas qu’on diffuse une vidéo d’un oral du bac prétendument authentique en omettant qu’il s’agit d’une pub pour des stylos. Je déteste qu’on m’envoie de mirobolantes annonces pour gagner mon poids en caisses de champagne californien offert par Bill Gates sans qu’on ait pris la peine de vérifier la véracité de cette offre sur Hoaxbuster, renvoyant à l’expéditeur un message l’incitant à le faire avant de polluer ma boîte. Je profite de ma priorité à droite même si le chauffard à ma gauche a oublié où était son volant, entre son GPS, son iPhone, son lecteur de CDs et la blague de sa blonde passagère.

Bref j’use de mon bon droit même quand j’ai tort de le faire : à l’heure où j’écris ces lignes, mes amis Facebook m’ont déserté, plus personne ne m’envoie de mail et ma voiture est au garage. Devant ce constat d’obstination bornée au respect de la loi, alors que je vantais il n’y a pas encore pas si longtemps la désobéissance civique, je me demande : ne deviendrais-je pas un vieux con ?

(1) Les prénoms ont été changés pour préserver l’anonymat des susceptibilités… mais les commentaires sont là pour annuler cette précaution…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.