La chair est triste et je n’ai pas encore lu tous les livres (21)

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Chbim, prends-toi ton Mallarmé dans les dents ! Allons, allons haut les cœurs, cette citation n’est là que pour sa seconde partie.

Comme tu le sais, fidèle lecteur de ces colonnes, c’est pas demain la veille que je m’ennuierai si d’aventure je me retrouvais cloîtré dans mon appartement avec une horde de zombies m’empêchant toute sortie (ou avec une jambe cassée, plus courant certes mais moins romanesque).

Les lectures se suivent, se dégustent, ne se ressemblent pas. Le mois dernier, la BD était récente et asiatique, ce mois-ci, elle est anglo-américaine et date déjà d’une vingtaine d’années.

Le hasard d’un dépôt-vente m’a ainsi permis de dégotter la première édition de Sandman en France. Sandman est le personnage qui a révélé Neil Gaiman, alors scénariste : cette incarnation du Rêve parcourt notre monde tout d’abord à la recherche des objets de pouvoir qui lui ont été dérobés, ensuite… pour redécouvrir le monde. Le trait est éminemment connoté années 80 : on sent le look Cold Wave de The Cure poindre derrière la coupe de cheveux du personnage principal et les couleurs sont celles des comics de ces années-là. Mais rien de rédhibitoire même si parfois le trait rend des proportions ou des angles bizarres pour certains personnages…

Que dire du récit en lui-même ? Assez fabuleux. L’idée de départ, tout d’abord : durant le premier conflit mondial, des sorciers tentent d’emprisonner la Mort, avec l’idée de l’empêcher d’œuvrer. L’expérience échoue en partie puisqu’ils ne capturent “que” le Rêve, son petit frère. Conséquence immédiate : le Marchand de Sable n’est plus là pour contrôler le sommeil et les rêves, et de nombreux humains de part le monde tombent dans un sommeil sans rêve, durant des années. Pendant 70 ans, le Rêve patiente et attend son heure pour s’échapper et récupérer le royaume dont on l’a dépouillé. Cette première quête lui fait croiser la route d’autres personnages célèbres, dont John Constatine, la Ligue de Justice et les Princes des Enfers eux-mêmes.

On retrouve les thèmes chers à Gaiman : la divinité, son influence sur l’humanité, le poids de la solitude à laquelle cantonne un immense pouvoir. Le tout est agréablement habillé dans une aventure au rythme lent mais implacable.

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