Roi de la colline

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Histoire de progresser, les bilans n’ont d’intérêt que s’ils sont fait de manière critique. Dont acte.

La semaine dernière, j’ai exposé les réalisations de 2019. La liste, factuelle, pouvait se lire qu’on soit optimiste ou pessimiste, comme un constat de réussite ou d’échec. J’ai certes engrangé quelques succès à ma modeste échelle – et autant de déceptions.

Histoire de rester sur une lancée positive en ce début d’année (hey, bonne année !) attardons-nous sur le côté positif, et comment il fut atteint. Après tout, si ça fonctionne, autant l’identifier et le conserver. Mais c’est quoi, “ça” ?

River Song vous prévient !

C’est juste un prétexte pour citer Doctor Who

Car en fait, rien de vraiment étonnant. Pour obtenir mes plus gros succès de 2019 et préparer mon année 2020, je me suis résolu à faire quelque chose que je n’aime pas faire – voire que je déteste : du démarchage. Si si.

Alors attention, hein. Je n’ai pas publiposté mon cv à toutes les maisons d’édition francophone, mais j’ai guetté la moindre occasion et je l’ai saisie. A la base, je ne connais pour ainsi dire personne – ce qui veut dire que comme tout à chacun, il y a cinq individus entre mon interlocuteur souhaité et moi. Il s’agit là de la fameuse théorie des Six degrés de séparation (vous + cinq relais + votre “cible”). D’ailleurs à l’heure d’internet et de l’omniprésence des réseaux sociaux, il est amusant de voir que ces six degrés sont maintenant moins de quatre (vous + entre deux et trois relais + votre cible). La technologie nous permet de revenir – de manière beaucoup plus rapide et paradoxalement moins personnelle – au début du XXe siècle où il était facile pour un jeune fan d’échanger par courrier avec son auteur favori. Je peux m’enorgueillir (comme X milliers d’individus) que Neil Gaiman ou Klaire fait grr ont répondu un jour à un de mes tweets (j’ai des captures d’écran mais pas de lien direct, et puis c’est à moi, na). Ces stars (relatives) ne m’ont pas trouvé de boulot, mais cette proximité montre bien qu’avec un peu d’audace, des gens inaccessibles sont tout à fait à votre portée. En plus, derrière un écran, personne ne vous entend bafouiller ou vous voit rougir 😀

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que c’est l’un des gros progrès que j’ai fait ces derniers temps : oser. Tâcher d’oublier mon syndrome de l’imposteur, mettre à jour mon CV et l’envoyer quand je vois passer une annonce de recherche pour un rédacteur ou un correcteur. Et annoncer la couleur : “bonjour, je sais qu’aujourd’hui vous ne cherchez qu’un correcteur, bénévole en plus, mais j’vous préviens, j’ai envie d’écrire des contenus originaux pour vous”. Voila la première étape.

La seconde est tout aussi évidente. Une fois que vous avez osé proclamer vos ambitions, il va falloir vous montrer à la hauteur. Pour cela, tenir vos délais et fournir un travail de qualité vont de paire. Vous êtes en train de vous dire : “quoi, c’est ça son soit-disant secret ? Être discipliné, rigoureux et tanner les gens pour qu’ils l’engagent ?”

Ben… oui. A ce jour, livrer un travail dans les temps en m’y étant pris le plus tôt possible reste le meilleur gage de qualité que je puisse fournir aux éditeurs qui me font confiance. Et le leur dire. Et le dire aux autres.

Le gros avantage de commencer tôt un boulot, outre une meilleure disponibilité intellectuelle, réside dans le temps pour s’outiller. Attention, c’est loin d’être le seul ou le premier. Démarrer au moment de la “commande” offre évidemment plus de temps pour travailler la qualité du texte, l’originalité des idées, et permet de se ménager du temps pour d’autres activités (vie de famille, loisirs, ou plus de travail). Au-delà de ce rythme plus serein, ce temps pour s’outiller constitue une (re)découverte plaisante.

Un exemple : actuellement, je suis en train de rédiger beaucoup de scénarios de jeu de rôle. De m’y être pris à l’avance – ou du moins pas trop en retard – me permet de constituer progressivement un modèle de document. Chaque bonne idée de structure, chaque opération que je me vois répéter plus de trois fois vient enrichir progressivement ma structure de base. Et à la rédaction suivante, je gagne un temps précieux sur la mise en forme grâce à quelques tout simples copier-coller de sections, titres, ou paragraphes techniques qui reviennent systématiquement. Encore une fois, rien de révolutionnaire (je pratique ces astuces depuis quinze ans dans le milieu informatique) mais je ne m’étais jamais donné le temps de me les réapproprier, car je travaillais jusque là toujours dans l’urgence. Et bien sûr, débarrassé de ces contraintes logistiques, j’ai plus de temps pour pratique ce qui me plait vraiment : l’écriture créative (et pas la mise en page).

Voila donc le vrais succè de 2019 : une amélioration de mes méthodes de travail (autant sur la “prospection” que sur la réalisation).

Remarquez, côté rigueur et régularité du rythme de travail, il reste une certaine marge de progression. Comme par exemple pour ces articles de blog : ils gagneraient en précision, en richesse de style et en confort de lecture pour vous si je ne les écrivais pas du jour au lendemain – au moins ai-je l’idée depuis longtemps, ce qui ne me laisse que la rédaction proprement parler. Je m’expose ainsi à des messages sarcastiques de mes lecteurs et lectrices les plus assidues qui m’enverront un message avec les fautes contenues dans cet article. Et je me vends comme relecteur. Les cordonniers les plus mal… Bref, y a encore du boulot.

Point positif, je sors jour après jour de ce modèle de barre de progression.

La barre de progression des créatifs : le travail commence, pendant longtemps c'est "rien à foutre", dans les derniers jours c'est la panique avant de faire tout le boulot dans l'urgence en pleurant.

(#PlusJamaisCa)

J’utilise pour mieux respecter mes délais deux outils : Habitica et Framaboard – deux pépites qui bénéficieront d’une présentation dédiée prochainement.

La semaine prochaine, nous nous pencherons sur la face obscure de 2019 et tacherons d’en décomposer la lumière, comme un célèbre album de pop music psychédélique des années 70.

D’ici là, n’hésitez pas à partager en commentaires vos réussites et vos progressions de l’année passée. Après tout, les idées n’ont de valeur que lorsqu’on les partage !

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