Défi d’écriture Writever de janvier 2024 : les consignes

1 min read

Le Writever, c’est un petit défi d’écriture qui propose un mot par jour, pendant un mois.

Et comme tous les mois, j’y participe, ici, et sur le compte Mastodon @MicrofictionFM. Vous pouvez aussi vous abonner pour recevoir des récapitulatifs hebdomadaires.

Et petite nouveauté, si vous défilez cette page, vous verrez les microfictions s’afficher au fur et à mesure des jours de leur publication. C’est beau, la technologie, hein 😉

Bonne lecture à toutes et à tous !

Liste des thèmes du Writever de janvier 2024

Liste des thèmes du Writever de janvier 2024

  • C’est le principe, vous savez. Quand quatre murs bouchent votre horizon, ou qu’au contraire les rivages d’une île déserte vous empêchent de l’atteindre, vous pouvez chercher à partir. Vous échapper.

    Mais en réalité, il n’y a aucune sortie. Aucune fuite possible. Alors courez, aussi vite que vous pouvez. Pas pour fuir, mais pour foncer au devant de ce qui pourrait s’étioler et disparaître.

    Profitez du spectacle. Mieux – devenez son personnage principal.

  • Alternant français et anglais, elle commença à publier ses notes en ligne.

    De journal, le carnet devint magazine.

    Chaque publication claquait comme un coup de feu, et elle ne semblait pas à court de munition.

    Après tout, magazine veut aussi dire “chargeur”.

  • Ils appellent cela un micro. En consultant l’histoire de leurs langues – car ils en parlent plusieurs – il semblerait que cela veuille dire “petit”, voire “très petit”. Ce qui correspond à la taille de l’appareil, mais pas à son usage. C’est un amplificateur de voix.

    Nous pensons que loin d’être une erreur, cette dénomination est une ruse, pour dissimuler la véritable nature de cette arme.

  • Le tyran organisa le tournoi en mettant en jeu rien moins que son trône. Quiconque remporterait l’épreuve pourrait l’affronter en combat singulier et revendiquer la couronne.

    Quand les trois cents meilleures femmes et hommes d’armes du pays refusèrent de rejoindre la lice, et s’avancèrent vers la tribune officielle, il comprit qu’il n’avait pas réuni une cohorte d’ambitieux individualistes qu’il pourrait éliminer, mais un corps d’élite solidaire et décidé à le renverser.

  • Construit avec les techniques de son époque, l’automate était doté d’une mémoire de papier.

    Ses quelques éclairs de conscience ne lui faisaient redouter qu’une chose : la page blanche.

  • J’ai vu des choses que vous, humains, ne pourriez croire… Des navigateurs de guerre en feu, surgissant du darkweb… J’ai regardé des bloqueurs de pub briller dans l’obscurité, près du Portail Neo Lycos… Tous ces moments se perdront dans le temps… comme… les like sur internet… Il est temps de reboot.

  • – Et donc, voila, c’est arrivé de nulle part ?
    – C’est tombé.
    – De où ? Non, rien. Donc, déjà, quelqu’un saurait dire à quoi ça ressemble ?
    – Euh…
    – On dirait que c’est orange.
    – Bah non, de là où je suis, non. Pas du tout.
    – Bleu ?
    – Soyez sérieux un peu…
    – Comme si on n’avait pas déjà assez de boulot comme ça…

    À l’université de l’invisible, l’arrivée d’une nouvelle couleur, fut-elle tombée du ciel, provoquait toujours des discussions interminables.

  • Contrairement à toutes les conceptions établies du marketing journalistique, ce jour-là, le rédac’ chef ne mentionna dans son éditorial aucune mauvaise nouvelle, aucun avertissement, aucune mise en garde. Pas de sensationnalisme terrifiant pour accabler les foules.

    Juste des bonnes nouvelles, pour rappeler que c’était possible. Que si le mieux pouvait survenir, il pouvait être suscité. Obtenu. Arraché, de force s’il fallait.

    Il fut viré dans l’heure.

  • – C’EST L’HEURE.
    – …
    – NE ME REGARDE PAS COMME ÇA. JE NE DÉCIDE PAS. JE NE VIENS QUE POUR ACCOMPAGNER.
    – …
    – JE SAIS QUE TU VEUX ENCORE PARTAGER DE BELLES CHOSES. PARTAGER DES SENTIMENTS. JE SAIS. MAIS ILS RESTENT. CE N’EST QUE TOI QUI PARS. PAS EUX. PAS TOUT CE QUE TU AS LAISSÉ.
    – … D’accord. Alors, c’est ça ?
    – QUOI DONC ?
    – Un fantôme ? Ce ne sont que des souvenirs ?
    – OUI. ET CERTAINS FANTÔMES SONT TRÈS VIVANTS. À TEL POINT QUE JE N’AI PAS DE POUVOIR SUR EUX.

  • – C’est un exemplaire collector.
    – Premier tirage ? Signé par l’autrice ? Dédicacé par l’illustratrice de la couverture ? Par des comédiens de l’adaptation ciné ?
    – Non…
    – Erreur d’impression unique, issue d’un tirage retiré avant commercialisation alors ?
    – Non plus.
    – Alors quoi ?
    – C’est le mien, tout simplement.

  • – Je comprends que vous le preniez avec difficulté, Lambert. Mais inspirons-nous de ce qui a amené notre espèce jusqu’ici. L’adaptation.
    – Vous voulez dire, apprendre à supprimer les prédateurs avant qu’ils nous suppriment ?

    Le directeur des ressources humaines nota une lueur inquiétante dans le regard de celle que tout compte fait, il allait conserver comme employée.

  • – Il ne fait rien de la journée, il reste là, à m’observer, sans rien faire, sans rien dire. Quand je l’engueule, il réagit – mais pas comme tu croirais, hein. Il ne se met pas à bosser ou à traiter ses mails, non, il hausse des sourcils. Je crois que le truc le plus fou que je l’ai vu faire, c’est écarquiller des yeux. Tu parles d’un assistant.
    – Ben oui. C’est ça. Il assiste.
    – Mais en quoi ça m’aide ?
    – Aaaaah mais pas dans ce sens-là. Il assiste, comme au spectacle.

  • Faudrait que je le lise le Rire de Bergson. Voir si les réflexions sur le comique, d’un Auvergnat du XIXe siècle, fonctionnent aujourd’hui. Si c’est encore universel et valide, ou si cela traduit l’humour moqueur d’une époque.

    Après si ça se trouve, j’aurais matière à écrire un Nouveau Rire, plus en phase avec le monde d’aujourd’hui, où on ne rirait plus de, mais avec. Où le rire contre les puissants redeviendrait la norme.

    Cette bonne blague.

  • – On va vaincre l’ennemi, avec ça ?
    – J’ai pas dit ça. J’ai dit que ça mettait fin à la guerre.
    – Je saisis pas la nuance.
    – Entre “arrêter de se battre” et “continuer à mourir” ?
    – Non, entre “perdre” et votre truc, là.
    – Mais personne n’a à gagner ou perdre. Juste, le sort fait que plus personne n’aura envie de se battre.

    La moue du chef de guerre en disait long sur son adhésion au projet.
    Puis les bardes commencèrent à jouer et la musique emporta tout sur son passage.

  • Face à la menace alien, l’humanité réagit de façon drastique et désespérée. Bientôt, le gouvernement fut remplacé par une théocratie fanatique. Les militaires s’organisèrent en ordres religieux au service d’une même foi – la supériorité de l’humain sur l’alien.

    Aussi quand le général annonça, un sourire en coin, que ce nouveau corps d’armée marquait un “nouveau chapitre pour l’humanité”, il fut aussitôt exécuté pour jeu de mot foireux. Une hérésie parmi tant d’autres.

  • Je regardais les mots défiler sur l’écran.

    “Il n’y a aucun moyen de traduire ce que je ressens. Toute communication est vouée à l’échec. Tu te dis sans doute que c’est un lieu commun – après tout la pensée est plus rapide que la parole, que l’écriture ou la lecture. Et c’est vrai, c’est déjà vrai pour vous. Alors imagine, pour moi. Le temps que tu lises cela, mes clusters ont déjà effectué plus d’itérations que ton cerveau ne produira d’émissions en une vie.”

  • L’étymologie du mot travail renvoie à un instrument de torture, le trepalum.

    Tandis que la définition même de la passion est de ressentir des émotions incontrôlées, au point d’en ressentir de la souffrance.

    Alors comment voulez-vous que cela fonctionne, un “travail-passion” ?

  • Le chasseur et sa proie se faisaient enfin face. Dissimulée dans les ombres, celle qui était devenue l’ennemie publique numéro 1, souriait à toutes dents. De temps en temps, un voile passait devant ses yeux, une lueur peinée qui lui troublait le regard.

    Des 7 péchés capitaux, l’Orgueil avait commis beaucoup de tort.

    Pourtant, aujourd’hui, la Honte le talonnait, désertant ceux qui auraient dû en ressentir et harcelant des innocents qui n’osaient plus rien.

  • Elle avait de la conversation, beaucoup d’humour et savait aussi écouter sans rien dire quand il le fallait.

    Le seul inconvénient, c’était qu’elle s’effaçait, tous les dix ans environ. Il fallait alors souligner l’encrage de ses traits, sans quoi ce tatouage vivant s’estompait définitivement, emportant sa personnalité avec la magie qui l’animait.

  • Quand le légiste souleva la couverture, elle chercha sur le corps étendu ces petites traces intimes qu’elle seule connaissait, qu’ils s’étaient dévoilées entre amants. Avec soulagement, elle n’en trouva aucune sur le cadavre. Mais en distingua une sur la main qui replaçait le drap.

    Le médecin lui adressa un clin d’œil. Apparemment, les voleurs de corps emportaient avec eux leurs petites imperfections.

  • – Je ne comprends pas pourquoi vous vous intéressez à cette question de biologie, vous qui êtes sociologue. D’autant qu’elle a déjà été tranchée sans aucune contestation possible.

    – Parce que vous la voyez de l’œil du biologiste. Mais la question de mon de point de vue. Elle est même presque philosophique. Pouvons-nous détacher de l’influence de nos aînés ? Une tranche d’âge peut-elle véritablement être une génération spontanée ?

  • Le souci des AI génératives d’image, c’est que le vieux dicton est totalement dévoyé. Ici, c’est dix empruntés pour un rendu…

  • Le narrateur vous proposait un récit selon votre convenance. Il vous offrait même de parcourir un catalogue et de sélectionner parmi un large éventail ce que vous vouliez adopter comme nouvelle existence. Un véritable tour de magie. Et simple avec ça. Pour tout dire, se rendre chez le biographe n’était pas plus compliqué que de se rendre chez son boucher. Au lieu d’acheter du jambon, vous acquériez une tranche de vie.

  • 1 min read

    Elle contemplait l’appareil d’une banalité trompeuse. Une télécommande – un objet qui perdait de son utilité à l’époque de la VOD et des bouquets de streaming. Peut-être qu’en se raréfiant, certains exemplaires acquéraient des pouvoirs magiques.

    Le petit rectangle de plastique effilé pouvait mettre le monde en pause, le rembobiner, voire le changer radicalement (il suffisait de changer de chaîne). Une seule touche demeurait inexplorée. Oserait-elle appuyer sur Arrêt ?

  • Je me réveille, sans comprendre où je suis. Des parois de verre troublent ma vue. Le caisson ne tarde pas à s’ouvrir – et d’autres, au côté du mien. Je découvre d’autres personnes aussi désorientées que moi. Des visages connus. Pas des proches. Des célébrités. De celles que j’apprécie pour leurs qualités humaines. Et des anonymes. Que faisons-nous là, dans ce… vaisseau ? Enlevés par des extra-terrestres ?

    Je lève les yeux. Un panneau affiche “Humanité : une anthologie”.

  • Patiemment, j’ai conquis son amitié. Apprenant à connaître son histoire, son parcours, lui partageant mon expérience pour nous transformer et devenir autres. Espérant nous améliorer mutuellement.

    Au final, ce fut une perte de temps. L’ennemi ne se change pas “de l’intérieur”. Les autres de ma cellule avaient raison. La tyrannie ne se raisonne pas, elle se combat. Alors par amitié, je lui offris une mort propre et rapide.

  • – C’est magique !
    – Non, juste d’une technologie très…
    – Vraiment ? Cette vieille tarte à la crème ? Vous ne pouvez pas me laisser m’émerveiller tout simplement ?
    – … Si. Bien sûr.

    Et la magie se poursuivit, jusqu’à ce que les réactions chimiques et les transmissions électriques arrivent au terme fixé par la programmation pré-établie.

  • Ils me disent malicieux, factieux, pour ne pas dire malhonnête et de mauvaise foi. D’aucuns affirment que je joue des tours pendables aux gens. C’est possible, c’est possible.

    Je dis juste que je mène mes affaires comme je l’entends. Je gère ma petite tambouille. C’est ça ! Voyez moi comme un marmiton. Maître-queue ou maître-coq – après tout, entre ça et un coquin, il n’y a pas grande différence. De toutes façons, vous finirez par goûter mon ragoût. Il est à se damner.

  • Les acrobates volaient, tombaient, se relevaient… chaque chute était calculée, et au final, plus impressionnantes que les sauts virevoltants. Les cracheurs de feu, les jongleurs – qui ne lançaient pas que des quilles ou des cerceaux, mais aussi des créatures vivantes que nous n’arrivions pas à identifier – rivalisaient tout autant d’adresse.

    Le plus frustrant, c’est qu’il ne fallait rien manger. Sinon, jamais nous ne pourrions quitter le festival des fées.

Recevez l'actualité du site et toutes les Histoires minute de la semaine.
Vous pouvez aussi me soutenir sur Patreon !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.