Facebook : demain j’arrête

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Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de la nécessité de contrôler ce qu’on publie sur Facebook. De nouvelles informations changent mon opinion sur cet outil dont le principe est formidable, mais dont la gouvernance est de plus en plus sujette à caution.

C’est en cliquant – depuis Facebook – sur un lien communiqué par Jean-Marc Manach via son compte twitter que je suis tombé sur le site Owni.net. Encore confidentiel auprès du grand public, ce site de journalisme digital héberge également des contributions de bloggueurs invités.

Le lien sus-mentionné parlait… de Facebook et de son créateur, dont une conversation privée ressort. Dans celle-ci, il qualifie les utilisateurs de ce qui n’était encore qu’un outil de mise en relation d’universitaires américains (d’étudiants de Fac, plus exactement), de “crétins d’enculés” (Dumb fucks dans le texte, sic). Notons que l’insulte, qui serait plus joliment traduite par “les sombres crétins”, suit une remarque d’incompréhension sur le comportement des utilisateurs de Facebook.

Zuck: Les gens m’ont donné tout ça.

Zuck: Je sais pas pourquoi.

Zuck: Ils me font ‘confiance’

Zuck: Crétins d’enculés

L’arroseur arrosé, Mark Zuckerberg affirmant qu’il ne croit plus à la vie privée. Passons sur l’anecdote dont la véracité n’est pas même prouvée.

Comme vous pourrez le voir, il y a en bas de l’article d’Owni un joli florilège de lien traitant de la vie privée. Deux d’entre eux m’ont particulièrement marqué :

  • Mes amis sur Facebook n’ont pas (encore) toutes leurs dents : en résumé, de quel droit les adultes publient-ils les photos de leurs enfants mineurs sur des sites publics ? A la réflexion, d’aucun, cela va même à l’encontre du devoir de protection qu’implique le rôle de parent.
  • Pourquoi je n’utiliserai plus Facebook : cet article comporte des compléments d’information aux éléments dont je parlais encore il y a quelque jours, notamment des censures de pages hébergées sur Facebook, dont celle de Wikileaks, la suppression de comptes de créateurs de groupes demandant la séparation de l’Eglise et de l’Etat au Maroc… oui oui, il s’agit bien de censure. Politique.

Le principe de Facebook est extraordinaire parce que d’une simplicité désarmante : retrouver des amis un peu perdu de vue, communiquer, partager. Malheureusement cet outil perd de plus en plus son vernis social pour dévoiler un visage qui n’est même plus commercial – mais politique, et ce de manière qui a tout pour me déplaire.

Le principe même d’un outil trop centralisateur est même mauvais en soi : il supprime l’esprit critique et la curiosité dont tout un chacun doit faire preuve. Facebook, dans ses fonctions d’agrégateur de liens partagés par ses contacts, devient comme ce que la télé a de pire : un flot d’informations certes alimenté par une multitude, mais contrôlé par un seul (une seule entreprise à but commercial et cotée en bourse, au contraire de Wikipedia, dirigée de manière collégiale et à but non-lucratif). Je constate que Facebook est une page dont l’ouverture est similaire à celle d’un journal en ligne. La curiosité de cliquer un peu partout et la sérendipité en moins. Je ne fais plus que suivre le fil, là où Facebook veut ou peut vouloir m’emmener. Dont acte.

J’ai supprimé toutes mes applications Facebook de mon compte, à l’exception d’une qui me permettra de transformer mes Tweets en statut Facebook. Supprimé mes albums photos. Supprimé les connexions de Facebook avec mon téléphone portable.

Est-ce que je vais pour autant supprimer mon compte Facebook purement et simplement comme c’est maintenant possible ? Sincèrement, je ne crois pas.

Je vais m’en servir comme plateforme de relai de publication pour ce site et pour mon compte twitter qui me permettra d’envoyer des liens que je souhaite partager. Je consulterais certainement les messages qu’on m’y envoie pour mieux inciter mes correspondants à passer par mail. Mais je n’utiliserai plus le système de discussion instantanée intégré au site, dont toutes les conversations sont stockées sur les serveurs FB.

Je suivrai ce fonctionnement “dégradé” jusqu’à ce que d’intéressantes initiatives de réseaux sociaux Open Source apparaissent. On notera par exemple Diaspora, un projet de réseau social qui met le respect de la vie privée en avant, montée par une bande d’étudiants dont l’outil pourrait bien devenir une alternative à Facebook. A suivre de près.

D’ici là, mon compte Facebook sera comme une maison vide aux fenêtres grandes ouvertes, et contenant tout juste un fax sur lequel tombent quelles nouvelles issues de l’extérieur. Si le nombre d’utilisateurs de ce type augmente, à n’en pas douter, la monnaie d’échange de Facebook devra sérieusement être revue par le site…

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