Bonne année ordure – 31 défis d’écriture, jour 31

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Et voila ! L’année se termine et mon défi aussi ! Alors pour célébrer dignement ce double événement (d’égales portées, à n’en pas douter), j’envoie mes vœux à mon ennemi préféré.

Bonjour, paresse.

Tu as bien bossé cette année. Oh, je sais ce que tu vas m’avouer, à regrets : moi aussi. Un défi d’écriture, un roman, des nouvelles, une boutique en ligne, un fil twitter consacré à des micro-fictions. Oui, oui, je vais en parler, encore, de tout ça. Parce que tu vois, paresse, tout ça, je l’ai réussi malgré toi. Et pourtant tu n’as pas ménagé tes efforts, cette année. J’ai repoussé, hésité, eu la trouille, aussi – et là tu peux remercier ta copine la peur.

Tout demande de l’entraînement. Au sens presque mécanique du terme : une chose en entraîne une autre, puis une autre, la machine s’emballe, accélère et même si les rouages ne tournent pas parfaitement, même si des poussières, des feuilles, des bugs, des bouts de trucs qui n’ont rien à faire là viennent s’incruster dans les engrenages, la machine avance. J’apprends à la piloter, je tâtonne à la recherche d’une vitesse de croisière, à la ménager pour que le voyage reste agréable. Je crois avoir compris deux trois astuces, déjà. Ne pas trop s’arrêter, pas trop longtemps en tout cas : il faut éviter que le moteur refroidisse et que la graisse ne se fige et grippe l’engin. Garder le rythme, allegro ma non troppo et surtout pas staccato. Les à-coups réclament trop d’énergie, de stress, surtout quand une fois réalisé que pause, soupir et demi-soupirs cohabitent très bien avec un jeu legato. Profiter de la petite musique des pistons, des pneus sur la route, du vent dans les cheveux. Mélanger les images ? Pourquoi pas ! Après tout, il ne faudrait pas oublier de regarder le paysage, non plus.

Merci donc, chère paresse. Tu fus une instructrice de valeur : de la même manière qu’il faut s’infliger un mauvais roman ou un mauvais film de temps à autres pour apprécier les bons, tu m’as permis, paresse, d’apprécier non pas le travail, mais la récolte. Oui, encore une image, et ? Il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne s’empêtrent pas dans les métaphores, tu le sais mieux que moi, paresse.

Alors pour cette année 2018, paresse, je te souhaite le meilleur. De te reposer, déjà : tu as beaucoup trop travaillé en 2017 et tu as bien vu que ça ne me convenait plus. Je ne voudrais pas abuser de ta bonne volonté. Je te propose de passer me voir de temps en temps : nous ne goûterons que davantage les instants passés ensemble.

Prends ton temps et lâche-nous un peu la grappe ! Aussi bien dans ma vie personnelle que dans les medias. Essaye de te faire oublier, comme concept même, des Pierre Gattaz, Emmanuel Macron, et autres acharnés du travail. Car c’est bien connu, un concept n’existant qu’à la mesure de son opposé, leur obsession du “travail” disparaîtra en même temps que leur panique face à la paresse. Redeviens une notion tranquille, modérée, bref, prends des vacances, paresse, ça nous en fera à tous !

Et bonjour chez toi !

Engrenages d'un système de chenilles

Tama66 / Pixabay

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3 Commentaires

  1. Jean Berthe

    Travaillez, prenez de la peine, c’est le fonds qui manque le moins….
    Bravo pour tes 31 défis. Cela n’a pas dû être facile tous les jours et pour tenir ce rythme il faut, à n’en pas douter, bien du courage.
    Mais je m’interroge sur les auteurs en général. Comment et quand trouver l’inspiration? Vient-elle en écrivant? Ou, faut-il laisser un certain temps à la rêverie, à l’investigation, etc? Sans doute chacun sa méthode?
    Je te souhaite d’être fort courageux et encore meilleur en 2018.
    A bientôt de te lire et … See you soon…
    Jean.

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  2. MJM

    Confirmation = il te faut trouver autre chose pour satisfaire notre curiosité et garder un certain rythme.
    PS dans la signature de ce billet, tu as omis “ta tante qui t’embrasse, Jules” J’étais certaine !

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    1. Frédéric MeurinFrédéric Meurin (Auteur de l'article)

      Je compte garder le rythme en écrivant chaque jour, mais ce ne sera sans doute pas aussi visible. Le défi était là pour me remettre le pied à l’étrier, ou les doigts au clavier. Le reste se passera en coulisse ! Mais il y aura encore des publications ici. Et je vais poursuivre les histoires minutes sur ce compte twitter.

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