Chroniques du confinement – J2

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Aujourd’hui, on vote ? Oui, peut-être. En tout cas, j’écris comme ça vient.

Dimanche 15 Mars, élections municipales en France. Elles n’ont pas été reportées par faute d’anticipation (pour ce report, il aurait fallu passer une loi – cela demande une semaine dans le meilleur des cas – ou accorder les pleins pouvoirs au Président de la République – et le Conseil Constitutionnel avait dit non, heureusement).

Aujourd’hui, les rumeurs courent que le second tour n’aura pas lieu, parce que des mesures de confinement absolu seront déclarées, a minima en Île de France et dans le Grand Est en début de semaine, interdisant de sortir pour autre chose qu’acheter de l’alimentaire ou du soin … Avec un peu de chance, ils prévoiront le passage express de la loi signifiant le report.

Il faut dire qu’on voit des choses hallucinantes : samedi soir, le premier ministre annonce qu’il faut réduire ses interactions sociales au minimum… et dimanche matin, bin il fait beau, alors les gens sortent en foule dans les parcs et les marchés… Des infos du monde médical, sérieuses, signalent une saturation des places en réanimation en Île de France et dans le Grand Est. Vous comprenez pourquoi ça commence à envisager des quasi-interdictions de circuler dans ces régions et probablement dans d’autres sous peu ? Non ? Parce que si les hôpitaux sont déjà saturés et qu’on ne ralentit pas la propagation, et donc les nouveaux cas d’hospitalisation, et bien ces nouveaux cas, en arrivant dans l’hôpital saturé, vont entrer en concurrence avec d’autres malades. Et la concurrence dans les soins, ça veut dire que le personnel soignant va devoir décider de qui il soigne. Et de qui il laisse mourir, par la force des choses. Ce n’est pas du délire complotiste ou alarmiste : c’est ce qu’il se passe en Italie, notamment.

Je regarde tout cela, la trouille des personnes que j’aime dans ces régions, en continuant de mesurer ma chance. Nous avons un grand jardin – et la campagne alentour – pour sortir sans croiser personne. Les patates commencent à pointer le bout de leurs feuilles, j’ai semé des haricots et cueilli des poireaux sauvages que je cuisinerai demain. Nous avons calculé que nos placards, bien fournis, nous permettraient de tenir un mois sans faire les courses. Et voila que je m’amuse avec des légumes sauvages, parce que, pourquoi pas ? Ou parce qu’il serait temps de la préparer, cette foutue résilience ? Bref… entre les jeux de société, les travaux, les bouquins à lire – ou à écrire – et le jardinage, on ne devrait pas s’ennuyer. A tel point qu’on dirait des vacances. L’indécence, quoi. Bien sûr, je suis censé pointer au boulot, où je suis au chômage technique, un chômage payé plein pot par la magie de mon CDI. J’attends le démarrage d’une mission, pour laquelle je dois passer un entretien (je me gausse, parce que soyons réaliste : c’est pas pour tout de suite). Alors, pour m’occuper intelligemment, je vais proposer d’assurer des formations à mes collègues, partager des retours d’expérience, me former, le tout à distance, mais bon. Pour l’effervescence, on repassera. Oui, presque des vacances. Et c’est dramatique tant c’en est indécent, donc.

Comment vont faire ces personnes dont le boulot est maintenu mais qui doivent télétravailler avec leurs enfants à la maison ? Réponse, comme cette amie : gérer le tout-venant en journée et ce qui demande concentration le soir. Heures sup ? Je me gausse, bis.

Comment vont faire ces personnes dont l’entreprise est fermée (coucou les commerçants, restaurateurs sans livraison / à emporter…) ? Réponse : “je suis indépendant (et je suis dans la merde).”

Noël Mamère a déclaré – attention, grosse marade – que cette crise sanitaire servait de répétition générale pour un effondrement plus massif de notre société. Je rappelle qu’une générale, c’est le déroulé complet du spectacle, sans le public. Perso, je nous trouve quand même un peu trop nombreux dans les gradins.

Et le nombre d’articles bien alarmants – mais hélas bien écrits et donc crédibles, trop crédibles, qui circulent, n’a rien pour me rassurer.

Bref. Je retourne réfléchir à mes carrés de culture. J’aimerais assez remplacer mon temps de transport quotidien en jardinage les jours où je bosse. Ça serait constructif.

Portez-vous bien.

Ah non une dernière chose. Si vous avez la chance de ne pas être trop contraint par le boulot et que vous voulez vous réjouir d’une belle initiative, un de mes amis a lancé un petit challenge, composé des suggestions de notre groupe de copains.

Corona Challenge

Trente actions simples et réjouissantes pour rendre le confinement moins pesant.

C’est frais, réjouissant, et si ces quelques touches de bonheur pouvaient donner des idées à long terme, peut-être aurions-nous un début d’amélioration à pas mal de soucis. Le début de résilience dont je parlais plus tôt.

Ce coup-ci, c’est la bonne. On se lit demain.

Potager

Toujours pas chez moi, non.

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