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Il concevait le monde comme une infernale succession de poupées russes.
Ses examens l’autorisaient à sortir. Pourtant il restait. Son médecin l’interrogea sur les raisons qui le poussaient à demeurer enfermé.
Telle une bateleuse infernale, elle vantait ses articles : ses otages ligotés sur des chaises suspendues en équilibre au-dessus du vide.
Ce masque la terrifiait. Mais lui ne voulait rien entendre. Pourtant, elle sentait le regard vide du visage de bois la suivre dans la chambre, au point qu’elle se déshabillait dans la salle de bain.
Comme tout despote, il redoutait l’opinion de la rue autant qu’il la méprisait. Persuadé que le peuple n’était qu’une masse faible, il le craignait pourtant.
– Est-ce de la faute si j’aime les hommes ?
La prévenue éclata en sanglots. Le lourd silence entrecoupé de pleurs fut enfin rompu par la voix mordante, presque gourmande du procureur.
– VENGEANCE !
Le cri montait de la rue jusqu’au balcon du tyran, qui osa se présenter aux révoltés.
– Quels sont vos griefs ?
– À manger !
L’ombre se coula jusqu’à lui, irrésistible. D’obscures notes annoncèrent une sourde menace qui sonnait pourtant comme une promesse…
Amour est aveugle. Il défouraille à tout va ses flèches, sans regarder – il en est bien incapable – où et qui elles frappent.
C’est une histoire d’amour impossible et qui pourtant fait rêver.
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