Le détail anodin – 31 défis d’écriture, jour 3

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Jour 3 sur 31 de mon défi d’écriture : aujourd’hui, le détail anodin. Racontez un événement très précis mais anodin qui a réellement eu lieu dans votre journée. Ré-écrivez votre texte en l’investissant d’un sentiment différent de celui que vous aviez à ce moment-là.

Ce matin, après avoir pris mon petit déjeuner, j’ai sorti le lombricomposteur dans le but de récupérer le terreau formé dans l’un des étagères et ainsi continuer à recycler mes déchets verts. J’ai extrait finalement peu de terre, car il y avait de très nombreux œufs dedans et que je préférais qu’ils se développent. Quant aux étages, j’ai pu en vider deux grâce à la perte de volume des déchets en cours de compostages.


Après une revigorante nuit de sommeil, je me réveillais, frais et dispos. Le soleil brillait dans le ciel et le vent semblait tombé : quelle excellente occasion, en cette superbe matinée, pour me livrer à de saines activités de compostage, et préparer ainsi les jardinières qui au printemps prochain, accueilleront graines puis semis ! Après avoir dégusté un thé délicieux, infusé à la perfection, je me lançais dans la tâche certes peu élégante, mais non sans noblesse, de vider un étage de mon lombricomposteur du terreau produit par les petites bêtes. Le matériau ainsi obtenu remplirait un ou deux bacs, que je n’aurais plus qu’à accrocher à la rambarde de mon balcon. La cible de mes travaux était bien sûr la plus basse, celle qui avait servi de douillette litière pour accueillir les industrieux vers quand je les avais reçus par la Poste. En le vidant, je récupérerai un volume libre que je pourrai positionner tout en haut de l’appareillage, prêt à recevoir de nouvelles épluchures issues de ma cuisine, si saine et roborative ! J’entamais mon ouvrage, le cœur gai, chantonnant autant pour moi que pour apaiser les habitants de ce terreau si riche : pour qui apprécie la moiteur humide et obscure de l’humus, il n’est pas agréable de voir son nid dérangé par la lumière piquante de l’astre du jour et le froid de décembre.

Son nid ! Quelle expression parfaite appropriée : je découvrais en effet nombre de petites billes translucides dans la terre. Je comprenais bien vite qu’il s’agissait des œufs de mes lombrics, tellement à l’aise dans leur nouveau domicile qu’ils s’y reproduisait à qui-mieux-mieux. Je triais du mieux que je pouvais pour ne pas entraîner ce couvain dans des jardinières glacées, et remettais bien vite ce sous-sol en place. Quelle excitation ! Il me fallait cependant récupérer de l’espace pour continuer à œuvrer pour la planète, à ma très modeste échelle. Je découvrais stupéfait et ravi que les bacs supérieurs étaient beaucoup moins plein que je ne le craignais. Les avais-je permuté trop tôt ? Bien sûr que non ! Après tout, les fruits et légumes, même dans leurs parts impropres à la consommation, sont constitués en grand majorité d’eau : dévorée par les petits animaux, la verdure perdait son eau (collectée judicieusement par le fond de l’engin, où un robinet permet en toute occasion d’évacuer le trop plein). J’avais donc, au prix de quelques menus efforts, la possibilité de regrouper quatre bacs en deux, en m’assurant de regrouper les bacs les plus mûrs entre eux. Quelques minutes plus tard, les mains noires de ce terreau riche qui verra pousser mes potimarrons au printemps, je refermais le tout, inaugurant ce nouveau cycle d’une peau de banane ! Quelle merveilleuse expérience !

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1 Commentaire

  1. Jean Berthe

    Je ne commente pas les défis dans l’ordre de leur arrivée dans mon courrier car je me laisse dépasser par les tâches que je n’ai pas prévues. Donc, le bonheur est peut-être fait de petites choses simples. Non?

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